Les vins au Pain et la Rose : avant tout des histoires d’amitié

le pain et la rose table d'hotes toulouse

Les vins au Pain et la Rose : avant tout des histoires d’amitié

960 720 Le pain et la rose

Deux vignobles sont à l’honneur de la carte du Pain et la Rose : le Domaine Amblard de Guy Pauvert en AOC Côtes de Duras et le Terroir Grinou de Guy Cuisset sur la zone de l’AOC Bergerac.

Peu connus, ce sont de très bons vins à l’originalité assumée, mais leur présence tient surtout aux histoires d’amitiés anciennes qui m’ont liées avec ces deux viticulteurs passionnés !

 

Dès 1973, jeune Lot et Garonnais « monté » à Paris suivre les 4 années d’études de l’institut des Hautes Etudes de Droit et d’Economie Rurale, je rencontre un « pays » un peu isolé dont la famille est installée à Monestier en Dordogne, à quelques encablures du Lot et Garonne et de Duras d’où je viens.

Je remarque en Guy un type courageux, bosseur qui, pour payer ses études est veilleur de nuit dans un hôtel et présent le jour à suivre assidument les cours. Ces années étudiantes passent vite et nous avons chacun nos centres d’intérêt, mais respect et estime réciproques et attachement à nos terroirs nous animent.

En 1979, sitôt notre diplôme en poche, il se trouve que nous avons chacun bâti un projet d’installation en jeune agriculteur : Guy sur les vignes familiales et moi sur une exploitation de polyculture à St Sernin de Duras. Pour prétendre aux aides dédies aux jeunes agriculteurs et bénéficier des prêts bonifiés, nous nous retrouvons en 1979 sur les bancs du lycée professionnel agricole de Bergerac pour obtenir un Brevet professionnel agricole pour adultes !
En effet, ce n’est que quelques mois plus tard, suite à la complicité de l’hebdomadaire Agri 7 (dans lequel j’avais fait 6 mois de stage d’étude) qui avait publié un reportage sur mon installation et sur l’absurdité de cette non reconnaissance du diplôme de l’IHEDREA pour ces aides, que le Ministère de l’Agriculture corrigera cette anomalie.

Par la suite, nous eûmes des relations de travail et en famille assez suivies : prêt de matériel, repas avec Catherine son épouse pour se soutenir le moral quand ça flanchait chez les uns ou les autres. Et nous partîmes aussi assez fréquemment avec nos fourgons réciproques, celui de Guy empli de cartons de vin et le mien de conserves de foie gras, confits, etc., pour mener des dégustations-vente dans les comités d’entreprise et autres cercles de connaissance, principalement dans le Nord et l’Est de la France.

En 1989, un ouragan dévasta les cultures de notre région du Sud ouest. Le canton de Duras et et le sud de la Dordogne avaient particulièrement souffert. J’étais alors Chef de Cabinet du Ministre de l’Agriculture, Henri Nallet. J’appris la mauvaise nouvelle par Guy alors que nous étions en séminaire de cabinet dans l’Yonne et je n’eus aucune difficulté à convaincre mon Ministre de prendre l’avion dès le lendemain pour aller sur place, parcourir les vignes de Guy et annoncer, sans attendre, la procédure ad hoc, que ce sinistre serait déclaré catastrophe naturelle !

A l’époque c’était une première qui me valut une réputation sulfureuse en interministériel…

Gravement sinistré, Guy s’accrocha et continua à affronter les affres de la météo capricieuse tout en en faisant une conversion en biologique qui fait de sa production aujourd’hui une référence, avec l’utilisation de cépages naturellement résistants aux maladies et ne nécessitant donc que peu ou pas de traitements. « Rien de Rien », un merlot sans sulfites consacre cette évolution qualitative.

 

Une belle histoire et du bon vin, what else ?

Laisser une réponse

%d blogueurs aiment cette page :